Suprématie bio en Anjou-Saumur

Guide-RVF-2016Septembre, le mois des foires aux vins et des guides d’achat. J’ai entre les mains la 20ème édition du guide Vert 2016 de la RVF. Édito d’Olivier Poels Baromètre du progrès de la viticulture française, l’évolution de ce guide, en deux décennies, a consacré avec ses étoiles de nombreux domaines historiques et a mis en lumière de jeunes vignerons dont le talent a éclaté…

Je feuillette les pages dédiées à la Vallée de la Loire (478-533) sous-titrées : une mine de bonnes affaires. Tiens, notre ami Jean-Pierre Guédon, du Domaine Les Hautes Noëlles, Muscadet Côtes de Grandlieu y fait son entrée, le Domaine du Clos de l’Élu (Thomas Carsin) est confirmé, un regret peut-être de ne pas y trouver le Château de la Viaudière (Pierre-Antoine Giovannoni).

Une stat. à peine croyable !

La fiche technique de chaque domaine fait apparaître selon le cas la mention : Certifié en agriculture bio ou biodynamique. En Anjou-Saumur, combien sont-ils, à votre avis ? Sur 30 domaines cités, 26 sont certifiés bio. Ou bien pour le dire autrement, en Anjou-Saumur il n’y aurait que 4 domaines non-bio parmi les étoilés du Guide RVF 2016. Décoiffant..…Comment expliquer cette statistique à peine croyable ?

AntoineGerbelle1Je contacte Antoine Gerbelle à la RVF, grand connaisseur de la Vallée de la Loire et des vins bio. Ma trouvaille statistique l’a un peu déstabilisé. Quand un domaine entre dans le Guide, c’est un aboutissement. Nous les suivons années après années en dégustant leurs vins, c’est la continuité de leurs efforts qui se trouve ainsi reconnue. Certes, mais cela n’explique pas ce qui se passe spécifiquement en Anjou-Saumur : Cette région a eu un passé récent un peu compliqué, il y a eu des dérives dans les rendements et dans la qualité. Le prix du vignoble a baissé; du coup de nouveaux vignerons se sont installés, plus jeunes, mieux formés, ouverts à l’international. Beaucoup d’entre eux ont fait le choix de l’agriculture bio ou biodynamique pour signer leurs vins, ici plus qu’ailleurs.

Dans un dossier du magazine RVF,

SUPREMATIE BIOAntoine Gerbelle a tenté de définir une certaine typicité du goût bio : Quand la plante fonctionne sur un grand terroir non traité et cultivé, elle concentre plus de matières sèches, dont les minéraux. C’est là, je crois, le secret de la montée en puissance de la salinité dans les vins, notamment bio. Cette touche saline, je la ressens davantage depuis cinq ou sept ans, surtout dans les vins blancs…(RVF, Initiation à la saveur des vins bio). Les goûts des dégustateur évoluent aussi, hier on recherchait davantage le boisé, le gras, la maturité alcoolique, c’est moins le cas aujourd’hui. La certification en agriculture bio ou biodynamique n’est qu’une étape balisée par des normes et des contrôles, sur le chemin difficile de l’expression des grands terroirs conclut Antoine Gerbelle.

Le cercle vertueux paraît bien engagé en Anjou-Saumur.

Jean-Philippe

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