Après le gel, après la grêle…

Comment réagir après des calamités, surtout quand la grêle de 2018 succède au gel de 2017 ? Nous avons souhaité donner la parole à Céline et Alain Vidal, artisans vignerons  comme ils se définissent et propriétaires du Château Dubraud dans le vignoble du Blayais. Nous avions déjà consacré un article à leur passion et à leur enthousiasme il y a deux ans.

Samedi 26 mai, en début d’après-midi, et en 10 mn, la grêle a détruit la belle récolte qui se présentait.

Il ne reste rien. Tous les villages alentours sont impactés. Paysage lunaire, des grêlons énormes, vitres cassées… Après le gel de 2017… les mots nous manquent…

Que fait le vigneron en ce moment ?

Il se questionne… Que faire après la grêle ?

A la fin du déluge, lorsque Noé vit revenir la colombe avec un brin d’olivier, peut-être avait-il déjà un sécateur, version préhistoire, pour remettre un peu d’ordre dans une création qui avait dû être pas mal chamboulée.

C’est en gros ce que nous essayons de réaliser après le terrible orage de grêle du samedi 26 mai, qui a détruit 7 100 ha de culture en Gironde et 10 000 ha en Charentes. Le vignoble de Château Dubraud se trouvait hélas dans ce sinistre corridor orienté sud-nord.

Sur le tiers du vignoble moins impacté, nous continuons le travail d’épamprage : élimination des pousses indésirables afin de ne conserver que les plus beaux rameaux. Il est probable que les quelques grappes qui ont survécu donnent des raisins murs au mois d’octobre.

Sur l’autre partie du vignoble, où la récolte est anéantie, armés de nos sécateurs que nous avions révisés et rangés, il faut retailler. La vigne est une liane. De toute façon elle va repousser. En retaillant, comme en hiver, on favorise le démarrage de belles tiges qui serviront à la taille l’hiver prochain, indispensable pour assurer une production normale en 2019. Nos conseillers viticoles préconisaient de réaliser cette taille en moins de deux semaines… comme dit l’autre, on a fait ce qu’on a pu ! N’ayant pu retailler qu’une partie de la surface grêlée, une fois que la végétation aura bien repoussé, nous allons épamprer, ou plutôt ré-épamprer, puisque l’épamprage initial était quasiment terminé ce 26 mai !

Il faut toute la dextérité et le savoir-faire de nos équipes pour assurer ces opérations minutieuses. A chaque coupe, le tailleur forge le pied, et oriente les productions futures. C’est dire l’importance de ces gestes !

Comme la vigne a été meurtrie et stressée, nous en prenons davantage soin, en lui apportant des éléments minéraux et des oligo-éléments par voie aérienne, dès qu’il y aura assez de feuillage. Il faut aussi griffer pour aérer le sol, et éliminer les pousses indésirables situées au pied des souches.

De plus, nous poursuivons notre programme de plantation avec une nouvelle parcelle de Malbec … dès que le soleil nous fera l’honneur de briller de tous ses feux.

Quelques heures après le cataclysme du 26 mai, le soleil brillait de nouveau. Et une semaine après, de jeunes pousses ressortaient des ceps. Signe, comme la colombe après le déluge, que la vie est plus forte que la mort, et qu’elle finit par l’emporter !

Beaucoup d’entre vous nous demandent ce qu’ils peuvent faire pour nous aider :

Continuez à nous passer commande (nous avons du stock), venez visiter la propriété, participez à notre soirée Festibalade du 5 juillet…

Merci à tous pour vos encouragements et votre soutien.”

Alain & Céline Vidal

Artisans Vignerons

Voir la vidéo du travail d’Alain dans les vignes sur Facebook

Cet article est tiré de la lettre n°4 du Château Dubraud

Image à la Une : ©SudOuest crédit photo SF

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