Nouveau : un Xérès rouge est arrivé !

Pour les vins aussi la mode change : elle est aux vins secs, ce n’est pas Yquem qui vous dirait le contraire en bradant ses plus beaux flacons tandis que les rouges du classement de 1855 s’envolent vers des prix stratosphériques.

Jerez, capitale du vin sous voile

Il me semble, que la ville de Jerez De La Frontera possède moults atouts pour combler le touriste. De très rares initiés aux vins élevés sous voile osent continuer à s’en faire servir. Parfums entêtants de musc, noix, fruits secs dans un liquide à la robe qui peut facilement tirer vers l’ambre. Perso, j’adore ! C’est l’âme de l’Andalousie qui virevolte dans nos narines.

Je partage un amour sans borne pour le Jerez... Toutefois, avouons que son image inconsciente colle à un passé qu’on n’aime pas forcément ; la droite franquiste et traditionnelle, le vieux machisme passéiste andalou, avec sa lenteur, son sommeil de plomb (la sieste), son catholicisme sans faille, ses rites figés (le flamenco chiant)… Je sais bien qu’il s’agit de clichés, mais ils ont la vie dure. Comme le disent habilement Les 5 du vin C’est punchy et cependant ça ne manque pas de vérité !

Mais…méfiez-vous ! Cette région de production viticole possède plus d’un tour dans son giron. Je me suis donc intéressé à une reconversion sur les vins secs de la maison Bodega Luis Pérez

La vie en rouge ressuscitée

Chez Luis et Willy Pérez qu’est-ce qui fait la différence avec les autres vignerons de Jerez ? Luis Pérez est œnologue enseignant à l’université.

Un pied à la fac et un autre dans les vignes lui permettent de faire revivre ce savoir-faire ancestral mais aussi de tourner son regard vers l’avenir.

Ici on produisait du vin sec jusqu’à ce que les Anglais fassent exploser la demande de Sherry.

 

Passons sur ses terrasses pour observer le paysage, les vallons bosselés disparaissent au loin en courbes vertes. Son conservatoire des cépages un peu plus bas est un centre d’essai de vignes encore délaissées dans la région.

Lesquels parmi ceux là seront probablement plantés ? Peut-être ces pieds de grenache, graciano, touriga nacional, sangiovese viendront rejoindre les autres ceps de vignes déjà cultivés autour du domaine. Ou les remplacer ?

Luis Pérez  explique : On trouvait donc jadis un vin produit en monocépage à base de Tintilla de Rota, variété locale prédominante dans la région jusqu'à l’arrivée du phylloxéra, puis presque oublié et désormais en danger d’extinction. C’est la cuvée El Triángulo sur le terroir Pago de Balbaína

Savoir-faire et modernité

La Bodega Pérez est revenue à la vendange nocturne depuis plusieurs années. Il n'a pas été tout de suite facile de convaincre les vendangeurs. Mais un raisin à 36 degrés se dilate, devient mou et est donc susceptible de s’abîmer durant le transport. Chaque vendangeur porte une lampe LED sur son front éclairant directement la grappe, Le spectacle est franchement inhabituel, déclare le fils Willy Pérez.

Actuellement, toute vendange est suivie d'une sélection très minutieuse des raisins.

Le respect de l'intégrité du raisin est quelque chose de très important.

Il s'agit d'amener dans les chais le meilleur de ce qui se trouve dans le vignoble.

Et la dégustation por favor?

Verdict dans nos verres

Un sans-faute ! Juste ce qu’il fallait de vin de plusieurs couleurs avec un accompagnement de tapas sérieux et goûteux.

Deux rouges sortent du lot. Un milieu de gamme aux arômes très fins Garum, ample en bouche malgré son jeune âge. Equilibré et très séducteur que je laisse s’arrondir dans mon verre.

Un autre plus haut de gamme Samaruco déjà très prometteur, mais qui demanderait d’y revenir après son adolescence. Il faut noter une cuvée audacieuse 100% petit verdot qui tient bien la route, destinée à la garde.

Bouteilles en rouge garum...

Robe grenat. Merlot dominant, syrah, petit verdot. Nez intense, avec des notes de sous-bois, de fruits rouges mûrs, d'épices, de cerises, de café et de cacao. Le grain du tanin est doux, soyeux avec des saveurs toastées.

On pourra l’accorder avec des plats de légumineux, noix, légumes rôtis ; des gibiers, ragoûts, fromages à pâte mi-dure. Et en dessert, avec des chocolats noirs peu sucrés. Ou encore avec le tartare de thon de Cadix. C’est complexe et très long en bouche. Uhmmmm …..

Une amie vigneronne me demande le prix de la bouteille en regardant son verre : 8,50 euros au domaine. Je ne peux que sourire en voyant ses yeux grands écarquillés.

Ou flacon en blanc ?

Avec son cépage 100% Palomino Fino, la vendange pour El Muelle est réalisée pendant presque 2 mois afin de sélectionner des grappes pour différents types de vins. D’abord, les grappes les plus vertes servent pour l’élaboration d'un cognac, la deuxième sélection est destinée à l’Olaso Pier, les troisième et quatrième à un Fino et un Oloroso.

Au nez, des arômes de fruits tropicaux conjugués à certains plus frais comme la pomme et la poire et une longue finale. Accords possibles avec du homard, crevettes et calamars, des viandes blanches, un Edam ou un Brie.

La démonstration est faite, le terroir est plein de promesses pour se tourner vers la production des vins secs de très haute qualité avec un rapport qualité prix très intéressant sur les rouges.

Jean-Luc

Pas de commentaire.

Ajouter un commentaire

Social media & sharing icons powered by UltimatelySocial