le prix des vignes édition 2018

Tous les ans, la Fédération Nationale des Safer publie des statistiques sur le prix des terres et le prix des vignes à partir des transactions de l’année écoulée.

Ces statistiques permettent d’évaluer les effets des politiques successives mises en oeuvre par les gouvernements.

Et plus précisément  d’évaluer la vision d’une agriculture (la viticulture en faisant partie bien sûr) patrimoniale, c’est à dire d’une agriculture plutôt traditionnelle, qui au mieux se transmet de génération en génération ou en tous cas entre professionnels…

C’est ce que nous avait déclaré Emmanuel Hyest, président de la FN SAFER : L’objectif des Safer c’est de promouvoir le modèle d’agriculture familial. Ce n’est pas une question de taille, ça veut dire que l’exploitant et sa famille prennent les décisions et sont détenteurs du capital…Je pense que ça a vraiment fait ses preuves car, quand il y a des difficultés et quand vous avez des capitaux extérieurs, les investisseurs se retirent. Dans l’agriculture les gens font le gros dos et puis ça continue. Ils serrent les boulons, ils dépensent moins, je vois rarement des gens dire, on bazarde parce que ça ne marche plus. Pour moi c’est vraiment une vraie preuve de résilience sur le long terme. La viticulture étant l’exemple par excellence…

La financiarisation des terres

Or les statistiques le prouvent d’année en année -et dans les vignobles, ce n’est un secret pour personne- l’activité agricole continue de se financiariser : des investisseurs achètent des domaines ou apportent des capitaux à des sociétés foncières dans le cadre d’un projet financier. Ils donnent en location ou confient ensuite l’exploitation de la structure à un professionnel. Rien de très nouveau sauf que depuis plusieurs années le mouvement s’accélère et l’on voit ainsi pas mal de domaines passer dans des mains étrangères au métier et étrangères tout court…La faute au prix du foncier qui est souvent devenu hors de portée d’un viticulteur indépendant ? Oui mais aussi un cercle vicieux car ce sont ces mêmes capitaux qui font monter le prix des terres…

Bon,  nuançons ce point de vue, tout n’est pas si noir : parfois ce sont ces mêmes sociétés qui permettent à de jeunes vignerons de s’installer soit par des formules en copropriété par ex Terra Hominis) , soit grace à des GFV (Groupements Fonciers Viticoles), soit via des structures de financements participatifs…

Alors que disent les chiffres 2017 ?*

les surfaces échangées sont au plus haut depuis 25 ans : près de 3% de transactions en plus que l’année précédente, près de 8% de surfaces vendues en plus et une valeur en augmentation de près de…60% ! Ce dernier chiffre est plombé par 10 ventes exceptionnelles. Mais même en ne tenant pas compte de ces dernières ventes, la valeur est toujours à la hausse.

Alors qu’on constate une baisse de production viticole de 18% par rapport aux 5 dernières années pour la quasi-totalité des vignobles (sauf la Bourgogne) qui s’explique notamment par le gel de printemps (Sud-Ouest, Charentes, Jura, Alsace) et la sécheresse (vignobles méditerranéens, Beaujolais), les prix des vignes sont en hausse quasiment partout :

 

Ainsi l’hectare de vignes en AOP Saint-Nicolas-de-Bourgueil s’est vendu en moyenne 46000 euros soit 10% de plus que l’année précédente, en AOP Bourgogne Grand Cru l’hectare s’est en moyenne échangé à 6 millions d’euros soit 9% de plus qu’en 2016…

Autre point, le marché des parts sociales se substitue localement au marché foncier viticole ce qui consacre le succès des GFV : en 2017, ils atteignent des niveaux record en nombre, surface et valeur, et représentent 81 % des acquisitions des sociétés de portage, 79 % des surfaces et 67 % de la valeur. Cette dynamique se construit en réaction à l’augmentation  du prix des vignes. Le GFV, via les personnes physiques qui abondent à son capital, permet de rassembler le montant nécessaire à l’achat de la vigne, qui est ensuite donné en location à l’exploitant, lui-même souvent à l’origine de la création du GFV…

Quelles conclusions en tirer ?

Si vous êtes vendeur, la période est propice ! Si vous êtes investisseur, rapprochez-vous de structures qui ont déjà l’expérience de ce type de financement. Si vous êtes jeune vigneron, n’handicapez pas vos capacités d’emprunt : préférez des solutions qui vous permettront d’acquérir rapidement les outils de votre exploitation et ne cherchez pas à acheter vous même le foncier. Les GFV sont là pour ça. A moins d’avoir gagné à l’Euromillions…

François

*un dossier très complet sur les chiffres des vignes par appellation peut être commandé sur le site le prix des terres de la Safer au prix de 30€.

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