Afrique du Sud#7 : l’oenotourisme XXL

Afrique du Sud, le retour. Ici tout est grand, immense, un domaine viticole c’est la surface de 10, 100 domaines viticoles français.

L’oenotourisme s’apprécie en conséquence. Peut-on comparer le modèle sud africain au modèle français ? A la première impression, ce serait comme opposer le Parc Disneyland Paris au centre de loisirs d’une sous-préfecture…

Alors faut-il en faire un complexe ?

Ici le vin est un moyen de faire venir une clientèle pour lui proposer une offre complète : dégustation de la production locale bien sûr avec visite du domaine mais aussi restauration, hébergement, des soins, des activités sportives ou culturelles, une boutique avec éventuellement du vin (mais pas que et souvent plus cher que dans le commerce !).  Et un objectif affiché, garder le visiteur le plus longtemps possible.

Boschendal, la barre très haut !

Le domaine de Boschendal (littéralement en africaans : le bois et la vallée). Des vignes à perte de vue sur une plaine qui s’étend à l’infini. Nicoo, mon guide, me met tout de suite à l’aise : vous voyez la montagne Groot Drakenstein à l’ouest ? Et la montagne Simonsberg à l’est ? Entre les deux c’est notre vignoble sur 6 kms ! Boschendal Estate emploie plus d’une centaine de salariés.

Si je m’attache à ce domaine plutôt qu’un autre du même village de Franschhoek, c’est que c’est l’un des plus anciens -1685- et qu’il a été repris en 2013 par une jeune équipe qui l’a complètement modernisé. Ici tout est très qualitatif.

Aujourd’hui le domaine comprend aussi un verger, une ferme, un élevage de Black Angus, une boucherie, deux restaurants, des chalets haut de gamme appelés pudiquement chambres d’hôtes, un spa, une boutique bien sûr.

Mais aussi de nombreuses activités sportives et « nature » dont sont friands les Sud-Africains : des circuits de Mountain bike dans les fynbos de la montagne, des parcours d’équitation et de trecking, une pêche à la mouche dans les barrages, la natation dans les eaux limpides de la montagne…sans parler des événements organisés tout au long de l’année, concerts Gypsy Jazz, Afro-électro, rock sud-africain…

De quoi s’occuper sur place pendant plusieurs jours.

Boschendal port folio

©photos Boschendal Estate

From farm to table

C’est l’expression locale pour dire « circuit court » ou « du producteur au consommateur » car bien entendu les deux restaurants, les paniers de pique-nique, la boucherie et la boutique profitent des produits locaux de la ferme et du verger et du vignoble, ce qui est semble être un argument de poids auprès des Sud-Africains, même s’ils ne sont pas encore (?) réceptifs à la notion de produits bio.

A Boschendal l’ambiance reste très simple, décomplexée, et, si bien sûr il n’est pas possible d’avoir le contact direct avec les propriétaires du domaine, en revanche les jeunes oenologues dégustateurs qui sont pour la plupart passés par la Stellenbosch University connaissent parfaitement leurs produits et ont le sens de la convivialité.

Un modèle transposable chez nous ?

Pas évident : les domaines sont à moins de 45 minutes de voiture de Cape Town, ce qui garantit une clientèle régulière même en dehors de la haute saison. Et puis la météo très clémente qui incite les Sud-Africains à une vie sportive et proche de la nature : les investissements s’amortissent ici sur 12 mois/an. Sans oublier la main d’oeuvre qui reste très bon marché.

Alors entre le modèle de Boschendal et celui de Luxury Wine Experience, l’entreprise de Bernard Magrez qui propose un oenotourisme d’exception plutôt bling-bling, il y a t’il la place pour un oenotourisme-à-la-française ? Faut-il accueillir les visiteurs en Rolls-Royce à l’entrée du domaine ?

l’oenotourisme-à-la-française

D’abord trois chiffres assez impressionnants : 10 millions de touristes séjournent chaque année dans les 17 vignobles français. 42% de la clientèle est internationale, en tête les Belges et les Britanniques. Elle y dépense 5,2 milliards d’euros !  Et s’il existe une véritable clientèle, c’est qu’il y a bel et bien une offre spécifiquement française. Arrêtons de nous flageller…

Nous ne sommes pas des amateurs dans ce domaine !

Martin Lhuillier, chef de produit oenotourisme à la direction du marketing d’Atout France, l’agence de développement touristique de la France : La France est mondialement reconnue et visitée pour la richesse de son patrimoine, de sa gastronomie et de son art de vivre. A la frontière du tourisme culturel et du tourisme gastronomique, l’oenotourisme incarne ces atouts majeurs de notre attractivité.

Le succès d’une offre oenotouristique ? elle doit être globale : rassembler les différentes composantes : visite des caves, dégustation, hébergement, restauration, divertissement et activités.

Ici la culture du réseau local s’impose avec des partenaires hôteliers, restaurateurs, organisateurs d’activités, pour packager une offre unique et originale qui pourra être comparée, soit directement en ligne, soit à travers le catalogue de tour-operateurs.

Atout France a mis en ligne sur Youtube 5 excellents tutos.

Ils résument plutôt pas mal ce que doit être la démarche oenotouristique à la française. Et puis pour se rassurer sur notre capacité à imaginer NOTRE oenotourisme, faites donc un tour sur la rubrique Inspirez moi du site visitfrenchwine.com  ,vous y verrez que l’offre créative est sans limite !

François

photo à la Une ©Boschendal Estate

 

 

 

Ecrit par Francois SAIAS
--------------------------------------------------------------- Scénariste, réalisateur, documentariste pendant de nombreuses années, François a gardé la curiosité de son premier métier et s'est investi depuis dans le monde du vin, ses rouages, son organisation, ses modes de fonctionnement.

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