Le vin je l’aime, je le respecte

POUR ! je me souviens d’un office religieux au monastère de Djvari en Géorgie, c’était en mars dernier, les moines faisaient passer la coupe et buvaient chacun à leur tour. La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion au sang de Christ? Que vous soyez croyant ou non, ce partage du vin transmué en sang du Christ impose le respect. Mon comportement tend à changer d’ailleurs à l’égard du vin bu en dégustation. D’avantage de ritualisation, plus d’observation de la matière, plus de concentration sur les arômes, moins de gâchis aussi.

Il était temps que la filière viticole prenne la parole,

car entre le discours promotionnel des producteurs-négociants et celui, mortifère des autorités de santé, il y avait un vide. Un vide comblé par la campagne d’information grand public de Vin & Société lancée en ce mois de décembre, une campagne plutôt polémique, mais n’était-ce pas son but ? Le vin je l’aime, je le respecte, ce slogan parle au cœur du « coureur de vigne et buveur de vins » que je suis car il me renvoie à tant de souvenirs riches de relations humaines grâce au vin partagé.

La campagne va plus loin en indiquant des repères de consommation : 2.3.4.0.

C’est le début d’une pédagogie de comportement,

qui affiche l’ambition de dire les choses de façon responsable. Il était temps car malheureusement trop de jeunes ne connaissent de l’alcool que l’effet d’ivresse rapide procuré par le binge drinking. Chaque fois que je débouche une bouteille en présence de jeunes, je prends soin de parler de sa provenance, du vigneron qui l’a produit, de son millésime et puis nous goûtons dans le respect des codes de la dégustation. Ma récompense, c’est lorsque je réussis à transmettre un peu de notre culture française du vin dont ils sont les héritiers.

Jean-Philippe

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CONTRE : il n’a sûrement pas échappé aux instigateurs de la campagne un grain de raison –très jolie accroche, je l’avoue- qu’ils utilisaient des données statistiques élaborées à direction des professionnels de la santé pour tenter d’en ériger des règles de prévention pour le grand public. Un détournement, en quelque sorte et surtout une provoc…Car donner des repères de consommation :

était-ce vraiment l’objectif de cette campagne ?

La réaction des Pouvoirs Publics ne s’est évidemment pas fait attendre, entraînant dans la foulée une polémique tout à fait bienvenue car elle a été relayée par de nombreux organes de presse. Au bout du compte, une couverture médiatique énorme et bon marché. Ce qu’on appelle en com. une stratégie bad buzz. Peut importe qu’on en dise du mal ou du bien, l’essentiel c’est qu’on en parle.

Le bad-buzz :

Pas très glorieux comme méthode, plutôt réservée jusqu’à présent aux géants de l’agro alimentaire. Mais la profession viticole est-elle dans une telle situation d’alerte ? J’ai du mal à imaginer que tous ces producteurs dont nous louons les produits au fil de nos articles se retrouvent dans cette campagne. En attendant, le résultat est là : nous même en lui consacrant un article, sommes tombés dans le panneau…

François

Ecrit par Jean-Philippe RAFFARD
--------------------------------------------------------------- Toujours volontaire pour une virée dans le vignoble du bout de la Loire, du bout de la France, du bout de l’Europe ou du bout du monde, là où il y a des vignerons, là où il y a du bon vin. Jean Philippe n’oublie pas sa vie antérieure en marketing-communication pour lever le voile sur le commerce du vin et l’ingéniosité des marchands.

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