Le troisième jour il y avait des noces à Cana de Galilée. Or il n’y avait plus de vin, car le vin des noces était épuisé…Il y avait 6 jarres de pierre destinés à la purification des Juifs, Jésus leur dit : « remplissez d’eau ces jarres. » Ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « puisez maintenant et portez-en au maître du repas. » Ils lui portèrent. Lorsque le maître du repas eut goûté l’eau changée en vin, le maître du repas appela le marié et lui dit : « tout homme sert d’abord le bon vin et quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent. » (D’après l’Évangile selon Saint Jean).
Bonne nouvelle ! J’ai retrouvé le vin des noces de Cana,
lors de mon séjour en Terre sainte en ce début d’année 2016. Le Cana Wedding Wine, un vin plutôt malin qui joue avec les références évangélistes- non protégées- pour séduire les touristes italiens. Ce vin est élaboré à Crémisan par les frères salésiens de la congrégation turinoise Don Bosco. Crémisan est une vallée fertile située près de Bethléem, mais pour son malheur, elle est entourée de colonies juives. Aussi le « mur de la honte » traverse le domaine. Malgré tout, les moines salésiens produisent quelques 180 000 bouteilles par an, en cultivant pour une part leurs propres vignes et en achetant du raisin aux cultivateurs palestiniens des alentours, malgré les difficultés géo-politiques. Des cépages classiques : merlot, carbernet franc, cabernet sauvignon, chardonnay ; à noter un Messa, assemblage de vendanges tardives de Daboky et Jaudaky. Les bons pères sont exigeants sur le vin de messe !
Alimenter en vin les congrégations françaises de Terre sainte,

Ces vins sont toujours difficiles à trouver car la production est modeste et la distribution plutôt archaïque, comme le montre le site internet, mais qui peut en vouloir aux Trappistes de mal communiquer ! La qualité est au rendez-vous comme je peux en attester par la dégustation d’une Syrah réserve 2008 vieillie en fût de chêne français qui pouvait rivaliser avec un Saint-Joseph, voire un Hermitage.

Enfin, en 1947 la naissance de l’État hébreu déclenche un engouement pour la vigne pour des raisons religieuses. Les domaines se sont multipliés et on compte aujourd’hui une centaine d’exploitations viticoles en Judée, en Galilée et au Golan. Certains domaines sont réputés au niveau international comme Yarden, le domaine du Castel, Tzora ou Carmel Winery – rappelons que c’est le baron Edmond de Rothschild qui a lancé le mouvement en plantant les cépages bordelais.

Jean-Philippe