Une dizaine de start-up présentes dans leur village pour la première édition du salon Wine Paris. Tel le concours Lépine du vin, c’est toujours amusant de découvrir qu’une bande de (pas toujours !) jeunes à l’imagination débridée a trouvé LA solution* à un problème dont vous ne soupçonniez même pas l’existence !
Allez on tente l’aventure !
direct to consumer
Vinsent souhaite fournir un accès facile à la vente en primeur en utilisant les atouts offerts par la blockchain pour suivre le contrat à terme et créer un marché où ces contrats à terme peuvent être négociés. La blockchain assurant l’authenticité des bouteilles.
Pour Gil Picovsky, co fondateur de Vinsent Grace à notre appli le vignoble peut commencer à vendre des vins à terme dès la vendange en générant des liquidités et en renforçant sa communauté. De la vente directe en somme, sécurisée, sans intermédiaire.
un coffre fort virtuel

Pour Dominique Chabot, le fondateur :Toute l’histoire de la bouteille figure ainsi dans la blockchain. Pour accéder à ces infos, vous disposez d’une appli qui scanne la gravure laser de la bouteille et vous propose aussi plein d’autres fonctionnalités. Plus simple en tous cas que la solution Advanced Track and Trace®
L’étiquette augmentée

Pour Stefan Gendreau, le DG (WSET) C’est une alternative au QR code qui – la plupart du temps- ne fait que renvoyer au site du domaine. ADWINE offre le service et met la techno à votre disposition.
Solution sans doute moins puissante que celle de PROJECT STARS qui s’utilise à travers les réseaux sociaux. Elle était présentée sur le stand de la French Tech à Las Vegas au CES 2019. La voici dans une vidéo de la Charente Libre.
Mais où est passé l’oenotourisme ?
Compte tenu de l’engouement pour ce type de voyages on aurait pu s’attendre à découvrir plusieurs start-up sur ce créneau. Or nous n’en avons vu que deux :

Ici pas d’appli mais du conseil : pour Pierre Boyer, nous sommes les seuls en France à proposer cette formule de découverte avec une quinzaine de destinations en Europe, Afrique, Amérique du Sud et Océanie. Nous connaissons chaque vigneron chaque domaine, dont nous proposons la visite.

Pour Marie Daigneaux, la start-uppeuse, la question reste de savoir à qui vendre : le vigneron lui-même ? l’Appellation ? l’Office de Tourisme ? Euh, petite question bête, qu’est-ce qu’il dit le vigneron quand il voit une palanquée de touristes se balader dans ses rangs ?
du verre au vin

Ambitieux, mais en business, les Belges ne sont jamais en reste…
du vin au verre

Pas d’appli, pas de codes, on utilise la bouteille du vigneron. Ca se démonte et se passe sous l’eau. Pas de risque de panne : on se prend pas la tête.
La mignonette revisitée

Pour Tristan Destremau, l’un des cofondateurs : Vinovae s’occupe de tout, de la collecte des bouteilles au domaine, à la livraison des échantillons.
Et puis et puis…
il y a ceux qui n’avaient pas grand chose à faire dans le village start-up, je pense à Plugwine dont l’activité d’E-commerce et de logistique est aujourd’hui bien connue et ceux qui auraient pu y figurer, mon regard se tourne vers Rawell qui offre toute une gamme d’accessoires innovants. Stéphane Lavigne (ça ne s’invente pas) son dirigeant nous a présenté le petit dernier qu’il distribue : Kelvin, c’est une sorte de bracelet électronique qui surveille la température du vin et vous avertit sur votre smartphone même quand la bouteille est au réfrigérateur…
pas d’effet ouaouh
Bref, pour tout vous dire, on n’a pas trouvé l’innovation qui décoiffe celle qui nous fait s’exclamer : bravo, bien vu ! Mais où est passée la Start-up Nation ? Est-ce que le phénomène « start-up du vin » s’essouffle ? C’est ce qu’on pourrait penser quand on visite le site la Winetech qui lui est consacré : pas d’actu depuis fin 2017…Tout simplement sommes-nous arrivés à un stade de maturité où les pions sont disposés et la partie, c’est à dire la mise sur le marché, peut commencer ?
François
*Les éditions de l’Harmatan publient sur ce sujet « Start-up du vin entre vrais apports et faux semblants » de Matthieu Bach.