Le salut des vignerons passe par bien des pistes plus ou moins inattendues pour commercialiser leurs produits. Et c’est souvent la combinaison de plusieurs d’entre elles qui permet à une exploitation de survivre. Parmi celles-ci, il y en a une qu’on a tendance à oublier dans cette période sombre de fin d’un monde : la fête. La fête dans tout son sens, tellement bien mise en valeur dans le film éponyme, l’un des derniers et meilleurs rôles de Jean-Pierre Bacri.
Par nature, le vin participe d’un esprit festif et convivial universel et il y a déjà quelques belles tentatives qui ont été relancées et on obtenu un certain succès pour replacer le vin au centre de la fête. Des tentatives pour aller là où les nouveaux consommateurs vont : sur les concerts, les festivals…Autant d’opportunités pour mieux se faire connaître et élargir sa clientèle.
Burger vin et copains
Depuis maintenant cinq saisons, le Trafic Bar sillonne les routes de toutes les régions viticoles françaises et tend à un seul et même but : organiser des événements gratuits, ouverts à tous : vignerons, acteurs de tous les milieux viticoles, restaurateurs ou bien simplement amoureux du vin.

Des syndicats viticoles participent aussi à ces événements comme le syndicat des Hautes Côtes de Beaune ce qui permet de faire la promotion d’appellations un peu moins connues.
Cédric : Ce qui est intéressant c’est que les gens ne viennent pas pour le vin en premier, mais pour s’amuser, passer un bon moment et le vin vient après en tant que lubrifiant social…
Les réseaux sociaux font le reste en offrant la capacité de rassembler et de constituer une communauté…
le vin au son du canon
On n’est plus du tout dans le même registre avec Le Canon Français, une entreprise événementielle post covid qui s’est développée très rapidement : elle organise des banquets géants dans des lieux d’exception partout en France : le banquet normand, le banquet champenois, drômois, alsacien, gascon…Plus de 90 000 convives ont participé depuis la création de l’entreprise en 2020. Ils se sont déplacés pour la tradition, l’esprit français, la bonne bouffe, les moments conviviaux, les chants… relate Sud Ouest.
Entre 2000 et 2500 personnes sont attendues à chaque banquet pour une durée d’environ 5 heures. Avec un menu qui fera la part belle aux spécialités locales, de l’entrée au plateau de fromages final, arrosé de « deux bouteilles de vin à partager pour huit personnes ».Tout est compris dans le prix du billet autour de 80€ : les gens passent beaucoup de temps à table. On propose cinq vins différents, des vins de la région qu’on achète auprès de vignerons partenaires mais aussi devant d’autres régions…précisent Géraud du Fayet de la Tour et Pierre-Alexandre Mortemard de Boisse les deux fondateurs de l’entreprise d’événement.
Une idée qui plait aussi aux citoyens des pays limitrophes, gourmands de la tripaille française : nous avons de plus en plus de clients qui viennent maintenant de Suisse, Belgique, Espagne, Italie, Angleterre, pour participer à nos événements.
Sur l’ensemble de leurs événements, le Canon Français revendique plus de 60 000 bouteilles consommées. Fort de ce succès l’entreprise organise maintenant un autre événement annuel : le Festival des Canonniers dans un château, avec six chapiteaux de cirque représentant six régions pour une expérience immersive, une tour Eiffel géante, des dizaines de concerts, une multitude de produits du terroir et des milliers de convives…
L’esprit festif reste la règle même si derrière cette belle organisation se trouve le fonds d’investissement Odyssée Impact, le bras armé de Pierre-Édouard Stérin, milliardaire lié à l’extrême droite et exilé fiscal, porteur du think tank Périclès et à qui l’on doit le label controversé « les plus belles fêtes de France »…
Peut-être doit-on en retenir cette idée émise par un participant et reprise par Vitisphere : il faut sortir de l’idée d’accords mets-vins, et plutôt aborder des accords moments-vins…
François
Propos tirés de la conférence de la WineTech Perspectives Le vrai problème du vin ? personne n’a de raison de l’ouvrir animée par Louisette Foxonet, lors de Wine Paris 2026
Image à la Une : crédit Trafic Bar