Retour en Val du Loir

Les beaux endroits ? On ne s’en lasse pas ! Le val du Loir en est un, authentique comme un secret bien gardé.

Mon carnet de route pour le Vin Ligérien m’a conduit à remonter le Loir de la Chartre à Vendôme. Soit une cinquantaine de kilomètres sur des petites routes bucoliques, le long d’une voie de chemin de fer hélas désaffectée, où se succèdent villages, châteaux, villégiatures, prieurés et moulins témoins des temps prospères de la France rurale.

La Chartre-sur-le Loir a échappé à la sinistrose grâce à l’animation dynamique de ses élus qui accueillent à bras ouverts, antiquaires, brocanteurs, artistes et artisans.

Et puis, il y a Catherine…

la muse des AOC jasnières et coteaux du loir, comme je l’avais amicalement qualifiée, il y a 4 ans, dans un papier publié sur Génération Vignerons.

Evidemment, je vais la saluer : la façade du bar n’a pas changé d’un iota, avec sa délicieuse petite terrasse ombragée.

A l’intérieur, c’est toujours la corne d’abondance croulant sous les bouteilles, les confitures, les bocaux de miel et les rillettes.

Et puis, le bar où j’avais dégusté mes cinq vins de l’appellation. Tiens donc, cette femme ressemble à Catherine mais elle paraît plus jeune ; peut-être sa fille ? je me risque à demander si Catherine est toujours là. Regard furibond.

Catherine, c’est moi. Ça vous surprend hein ! j’ai perdu 30 kilos. Oh ! ne soyez pas inquiet, c’est moi qui l’ai voulu. Je suis en pleine forme et qu’on ne me parle pas de retraite !

La relève est en marche…

J’ai décliné son invitation à la dégustation car j’avais rendez-vous chez les vignerons. Coïncidence peut-être, dans les deux domaines visités, j’ai rencontré la relève : Clément Nicolas, fils d’Éric et Christine pour Bellivière et Adrien Jardin, pour le domaine des Maisons Rouges.

Ces domaines sont les figures emblématiques des AOC jasnières et coteaux du Loir. Passés très tôt en bio puis en biodynamie, ils n’ont eu de cesse de favoriser l’expression exceptionnelle de leurs terroirs pentus faits d’argile à silex sur la craie tuffeau.

Clément comme Adrien, après de solides formations en oeno-viticulture ont fait le choix de poursuivre l’œuvre des parents. C’est dire la confiance qu’ils portent dans ces minuscules appellations, qui ne dépassent guère les 100 000 bouteilles annuelles. Un choix un peu élitiste pour Bellivière dont les vins figurent sur les plus grandes tables étoilées, un choix plus nature pour les Maisons Rouges dont les vins de haut niveau peuvent encore gagner en finesse et précision.

Ma troisième rencontre…

fut celle de Pierre-François Colin, fils de Patrice, huitième génération des Colin vignerons à Thoré-la-Rochette, près de Vendôme. Nous sommes toujours dans le val du Loir, en AOC coteaux vendômois, terre de prédilection du cépage pineau d’aunis qui donne des rouges tanniques, peu colorés, aux saveurs épicées si typées.

Le jeune vigneron de 24 ans a fait son BTA oenologie à Beaune, une licence en commerce, un stage en Nouvelle-Zélande chez Allan Scott Family Winemakers et revient tout juste de Tokyo : J’étais invité par notre importateur à la « semaine du goût français. »

Qui aurait cru que les réseaux de la biodynamie ouvriraient les portes de la mondialisation ?

Si l’envie vous prend de randonner dans le coin, ne passez pas à côté de Vendôme. Cette charmante sous-préfecture, ville d’art et d’histoire enserrée dans une boucle du Loir a tellement de choses à raconter. Mille ans d’histoire, les comtes d’Anjou, l’abbaye de la Trinité, les Bourbon-Vendôme, Rochambeau et son quartier militaire, Balzac chez les Oratoriens, la gare TGV et son étoilé Michelin le Pertica.

Décidément, Vendôme vaut bien plus qu’une Place !

Jean Philippe

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