La solitude du vigneron

Clément Marchand est un jeune vigneron installé à Pouilly sur Loire en 2012.

Il aurait pu reprendre le domaine paternel à la fin de sa formation, 12 ans plus tôt, sauf que…

Retour en arrière

Clément Marchand : j’ai un parcours normal, j’ai fait 6 ans en Bourgogne à l’école viticole de Beaune, j’ai acquis quasiment tout mon métier là-bas et après j’ai fait des études de commerce en vin dans un autre lycée à Angoulème

A cette époque pour s’inscrire dans le fameux parcours à l’installation il faut faire un stage de 6 mois à plus de 50 kms du siège de son exploitation. Clément Marchand ne fait pas les choses à moitié, il part en Australie et à son retour :

Quand j’ai voulu m’installer mon père avait eu quelques soucis et il avait dû placer une partie de l’exploitation en location.

Avec sa formation, Clément n’a aucun souci pour trouver du travail.

Il enchaîne un job d’ attaché commercial pour Marie Brizard, de directeur commercial d’une exploitation viticole, puis de responsable à part entière d’un domaine dans le sud de la France. Mais Pouilly lui manque et il obtient un poste de chef d’exploitation chez un voisin vigneron qu’il conservera près de 7 ans, jusqu’au moment où le locataire de son père libère une partie des vignes, celles qui appartenaient à son grand père.

IMGP0103Un grand soulagement : Ca a mis longtemps, quasiment 12 ans pour que je puisse dire ça y est, je suis vigneron à mon compte. Il y a toujours une partie qui est en location qui me permettrait de doubler ma superficie actuelle…Clément dispose aujourd’hui de 3ha de vignes et il a aussi une réserve d’1,5ha de terre à planter, la surface moyenne d’une exploitation viticole en Pouilly-Fumé étant de 10,5ha.

Nous les jeunes qui voulons nous installer, ça serait bien  d’avoir des agrandissements de superficie, l’installation c’est un parcours très administratif, c’est très complexe, c’est très long,

D’autant que si l’activité de Clément Marchand est très encadrée, lui se sent très seul dans un océan de complexité qui l’éloignent de son métier : entre le Syndicat de Pouilly et la chambre d’Agriculture, son comptable et sa banque…

Moi ma passion c’est de faire du vin et de le faire bien, comme j’ai appris en Bourgogne, travailler sur le terroir, je ne fais plus de désherbant chimique, je ne fais plus d’engrais chimique, je fais de la lutte intégrée, je travaille mes sols, je fais des cuvées terroir par terroir, j’élève mes vins si j’ai 10 parcelles j’ai 10 cuves dans ma cave,

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Un rien Robin des Bois, il a démarré son installation sur un projet en biodynamie : Mais là encore, ce sont des choses qui sont régies par des systèmes administratifs moi qui me cassent la tête, je pense qu’on peut faire du vin sans avoir tout ça, donc je suis dans une démarche plus saine plus naturelle, avec toujours dans l’esprit de faire bien et d’avoir ce que mon grand père disait, c’est le bon sens paysan. Le bon sens paysan, c’est savoir observer, savoir faire les choses au bon moment quand il faut, c’est pas parce que le voisin le fait qu’il faut le faire absolument.

Clément Marchand produit des vins en appellation Pouilly-fumé et Pouilly-sur-Loire.

Moi je suis tout seul, je fais tout : aujourd’hui mon métier c’est simple c’est un tiers de vigneron, un tiers d’administratif, un tiers de vente. Voilà où j’en suis rendu. 

A méditer par les candidats viticulteurs.

François

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