La cuvée cardinale

Connaissez-vous le cardinal Richard ? Probablement pas ; cet homme d’église a laissé son nom à la postérité comme archevêque de Paris, bâtisseur de la Basilique du Sacré Cœur à Montmartre. Né Richard de la Vergne, notre prélat, homme de goût et amateur de bonne chère a été élevé au château familial du Cléray à Vallet en Loire-Atlantique. Le château a pris ensuite une orientation nettement plus viticole lorsqu’il tomba dans le giron d’Ernest Sauvion, en 1935.

chateau_cleray2Depuis lors, quatre générations de Sauvion se sont succédées, le flambeau étant aujourd’hui dans les mains de Pierre-Jean, œnologue diplômé de l’université de Bordeaux revenu au domaine familial en 2004, après des passages en Californie, en Australie, en Alsace, à Cahors et dans le Bordelais. Pour honorer la mémoire de l’illustre prélat, on aurait pu imaginer une plaque commémorative au pied de l’escalier monumental. Pas suffisant pour la famille Sauvion pour qui la reconnaissance est une vertu cardinale, tout comme l’hospitalité relatée dans Une dégustation à la Nantaise.

La meilleure cuvée du domaine…

cardinal5Qu’il soit dit que la meilleure cuvée du domaine portera le nom du cardinal Richard, et ce, seulement les bonnes années. Comment choisir ? Eh bien, en sollicitant les sommeliers, restaurateurs, cavistes et autres dégustateurs avertis, amis de la Maison et réunis à l’occasion d’un jury éphémère. Pour le très prometteur millésime 2015, la dégustation se déroula en ce jour du printemps. Au cœur de l’appellation Muscadet Sèvre et Maine, notre domaine de 38 hectares plantés en melon de Bourgogne sur un sol silico-argileux est traversé par une veine de schiste, ce qui donne une mosaïque de terroirs et par conséquent une grande diversité de cuvées, toutes vinifiées à part, nous indique Pierre-Jean Sauvion.

cardinal4Ce n’est pas moins de 36 cuvées qui allaient être soumises aux palais attentifs d’une vingtaine de dégustateurs.

Mon voisin de table, un restaurateur de la région parisienne, s’étonnait de percevoir autant de différence, d’une cuvée à l’autre, alors que le domaine constitue une entité géographique compacte regroupée autour du château. Ah ! Celui-ci est un poil perlant, avec des arômes de pêches blanches, de tilleul ; celui-là a plus de corps, plus de volume en bouche ; en voilà un qui laisse paraître une pointe d’amertume….

Cardinal1L’analyse sensorielle des neuf échantillons a permis de faire émerger trois vins que nous avons pu re-goûter. Verdict : l’échantillon 33 l’emporte avec une note moyenne de 16,5, ce qui lui donnait accès à la finale ; après, notre échantillon a dû batailler fort avec les lauréats des trois autres tables pour tenter de s’imposer ; il termina deuxième.

Une tradition bien établie

C’est une tradition bien établie chez les cavistes et les restaurateurs ; ils sont nombreux à attendre la cuvée cardinale à Londres, Bruxelles ou Amsterdam, mais aussi chez nous comme le groupe Lucien Barrière à La Baule ou les Brasseries Flo à Paris, me dit Roselyne Delaunay, l’ambassadrice du domaine, comme elle aime à se définir.

Dans l’excellent article consacré au renouveau des Muscadets récemment paru dans le Vin Ligérien le président de l’association Les Vignes de Nantes Fabien Cheneau constate que « quelques individualités tirent l’ensemble vers le haut », sans nul doute, la Maison Sauvion en fait partie.

Jean-Philippe

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