Géorgie #4 : la France à l’honneur

Notre ambition est de faire entrer le Château Mukhrani dans les 100 premiers domaines viticoles mondiaux ; à ce stade, cela demande des investissements considérables. Lors du Tamada donné en notre honneur, Jacques Fleury, directeur du Château Mukhrani nous fit cette confidence.

JaqFleury1Ingénieur de formation, l’homme se présente comme un « spécialiste des affaires compliquées » avec un parcours qui plaide pour ce positionnement. Entrepreneur en Iran au moment de la chute du Shah, il vécut ensuite les turbulences de l’effondrement du bloc soviétique, l’indépendance et la guerre civile, tout en parvenant à remettre sur pied la célèbre marque d’eau minérale Borjomi, – l’eau de Vichy géorgienne appréciée des Tsars et de Staline – qu’il a revendu à un consortium russe avec un beau profit.

 

Appuyé par un groupe d’investisseurs, il s’est fixé pour but,

au début des années 2000, de retrouver la gloire perdue du domaine viticole de Mukhrani, situé à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Tbilissi.

Mukhrani est le berceau de la famille royale Bagrationi qui régna sur la Géorgie pendant 9 siècles ; le Prince Ivane, très francophile, fit construire un somptueux palais au XIXème siècle et fit de son domaine viticole l’une des gloires de la Géorgie de l’époque Evidemment, tout cela s’est effondré depuis : le château, les vignes, la matériel et les savoir-faire. Un joli défi à relever !

JaqFleury4Lors de notre banquet je ne pouvais m’empêcher de voir en Jacques Fleury l’incarnation de cette France universelle, de cette France des Lumières que le monde entier nous enviait jadis. L’affaire est bien engagée. Le château a été somptueusement rénové. Vous imaginez déjà les Grands de ce monde réunis dans ses immenses caves voutées en parement de briques. Les vignes ont été replantées sur une centaine d’hectares, tout autour du château.

 

JaqFleury2Le chai, immense, futuriste est digne d’un Grand Cru Classé du Médoc comme l’atteste la présence de Philippe Lespy, ex-Mouton Rothschild, entouré d’œnologues-conseils. Le château Mukhrani truste déjà les premières places : des ventes, de l’export, des récompenses dans les concours internationaux – et j’ajouterai des sites internet, tant celui –ci est un régal à visiter ! Alors, qu’est ce qui va faire la différence ? Comment un Château géorgien renommé peut-il entrer dans le gotha mondial du vin ?

 

Jacques Fleury nous livre alors sa carte maîtresse,

et sa nouvelle passion : les cépages.

Il faut savoir que la Géorgie possède quelques 530 cépages autochtones, cultivés depuis des millénaires ; 425 d’entre eux ont fait l’objet d’un travail d’étude et il y a parmi eux quelques pépites qui suscitent mille convoitises : des cépages résistants aux maladies, des cépages d’assemblage et peut-être les cépages qui délivreront les saveurs de demain.

Le Shavkapito, un cépage rouge, n’était plus exploité, il a fallu retrouver des souches chez les particuliers et travailler avec des pépiniéristes français pour mettre les plants en culture. A la dégustation, le Shavkapito 2012, tout en finesse, délivre des arômes inconnus de mes papilles ; j’entends du côté des œnologues, le nom de « petit verdot » revenir plusieurs fois.

La bataille des cépages est lancée à l’heure où l’on plante et re-plante des vignes partout dans le monde et principalement en Asie. Qui l’emportera ? Le chardonnay, le cabernet, le sauvignon ou le Tsinandali, le Kisi, le Goruli Mtsvane, le Rkatsiteli ?

Voilà des noms nouveaux et difficilement prononçables, que nos étudiants préparant le Diplôme National d’Oenologie devront rapidement connaître pour être au fait de la viticulture mondiale.

Jean-Philippe

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