Aller chercher l’âme d’un vignoble

Je ne sais qui a dit que le meilleur moment de l’amour, c’est quand on monte l’escalier*, mais il y a du vrai dans ce constat.

Pour ma part, j’adore préparer mes voyages autour du vin. Arrêter une destination, se documenter, faire des recherches historiques, identifier les vignerons qui comptent, les personnes qui me guideront une fois sur place. Cela occupe mes journées hivernales avant le grand saut prévu à la belle saison.

Bon, pour 2018, la destination est arrêtée :

Ce sera le Roussillon viticole, aussi appelé Pyrénées orientales ou Pyrénées méditerranéennes ou encore Catalogne du Nord. J’aime ces noms changeants qui laissent un effet de flou sur la carte.

Et ce n’est pas fini, ces territoires improbables appartiennent à la nouvelle région Occitanie née en 2016 de la fusion hâtive de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Rien de définitif, donc.

Pourquoi ce choix ? Pour mille raisons, bien sûr, mais je n’en citerai que deux :

Primo, la découverte de la cuvée Argile 2015 AOC Collioure blanc du Domaine de La Rectorie à Banuyls ; Merci Mickael (Les Bouteilles à Nantes) pour cette dégustation extatique qui risque de bouleverser le cours de ma vie !

Deusio, la séparation institutionnelle du Languedoc et du Roussillon. Une chance inouïe pour le petit dernier, l’oublié de la famille qui va enfin voler oenologiquement et ampélographiquement de ses propres ailes.

Allez, vous m’accorderez bien un petit tertio : ces vins doux naturels pleins de charmes et de mystères ; vous m’avez dit rancio, blanc oxydatif ou rimage ? Ils sont diablement bons, les jeunes, comme les moins jeunes et surtout les vieux.

©Paul Palau

Alors c’est décidé, la côte Vermeille, la vallée de l’Agly, Perpignan, Maury, Latour-de-France et le Canigou jalonneront mes pérégrinations à l’automne 2018.

Quel est le projet ?

Un voyage oenotouristique, certes mais l’expression est réductrice, aussi je préfère parler d’un séjour en terre viticole, avec l’idée de se poser quelque part, d’y rester un moment au gré des rencontres, des dégustations, de s’imprégner du climat, des ambiances, des paysages, de l’histoire des hommes et des femmes qui ont façonné ces lieux.

Et puis, en rendre compte pour les autres en écrivant, en photographiant.

Travailler avec le cœur et l’esprit légers, ne pas être contraint d’enquiller quatre domaines par jour, à cheval, en solex ou en 4×4 ; ne pas subir la dégustation commentée par un(e) stagiaire aussi inculte que souriant(e).

 Il faut mieux parler la langue, Marie-Louise Banyols a certainement raison ; elle, la sommelière inspirée, ambassadrice des vins et de la gastronomie catalane qui consacre sa vie à promouvoir ces « plus beaux terroirs du monde ». Je vous invite à déguster ses chroniques des 5 du Vin avec ses compères Cobbold, Lalau, Budd and Co. Sa rencontre dans les années 60 avec le bon docteur Parcé vous donne envie de filer tout de suite à Banuyls.

Mes contacts s’enrichissent semaine après semaine : Damien de Besombes Singla, gentleman vigneron au Mas saint Michel, rencontré au salon des vins et de la gastronomie de Nantes ; Jean Boucabeille, tiens ! un collègue diplômé de l’ESCP….25 ans après moi. Tu dois absolument rencontrer Jean-Pierre Rudelle, le caviste champion de France au Comptoir des Crus à Perpignan ! C’est noté.

Agriculture biologique, caveau de dégustation, vente de vins du cru et d’ailleurs, vivants, bio & bons. Expositions, concerts, épicerie fine, restau, la mer qu’on voit danser et sur les toits, 3 gîtes écologiques.

Les 9caves, c’est à Banuyls, et rien que là.

Vous m’y trouverez probablement pour les vendanges 2018 !

Jean Philippe

photo à la Une : ©camping le Brasilia Canigou

*NDLR : la citation est attribuée à Georges Clémenceau. Il prête ce propos, en 1898, à un personnage de son récit Les Plus Forts

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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